vendredi 25 mai 2012

Rencontre avec le grand photographe culinaire Bernhard Winkelmann

Les babas baroques de Pierre Hermé ? C'était lui. Plaisirs sucrés ? Encore lui.  Le Chocolat de Christophe Felder ? Toujours lui. Originaire de Hagen, en RFA, et parisien d'adoption, Bernhard Winkelmann est en effet l'un des photographes culinaires les plus en vue. Il passe devant la caméra pour Raids Pâtisseries.


Le photographe culinaire Bernhard Winkelmann
Crédit photo : Bernhard Winkelmann pour Pierre Hermé

Comment êtes-vous tombé dans la marmite de la photographie culinaire ?
Bien avant de m'intéresser à la photo culinaire, j'ai d'abord été assistant pour divers photographes de mode. Puis je me suis passionné pour les natures mortes aux côtés du photographe Peter Knaup avec qui j'ai travaillé de 1985 à 1987; j'ai ainsi travaillé pour la joaillerie, les grandes marques de cosmétiques et des magazines comme Vogue ou Marie-Claire.

Je me suis ensuite mis à mon compte: un jour, j'ai dû remplacer en urgence un photographe sur la couverture d'un Madame Figaro spécial cuisine. Cette photographie [NDLR voir ci dessous] a beaucoup plu à l'équipe. C'est de là que tout est parti. Depuis, je consacre plus de la moitié de mon temps à la photographie culinaire, qu'il s'agisse de la presse culinaire, de livres gourmands ou de publicités pour de grands noms de la gastronomie.

Qu'aimez-vous dans la photographie culinaire ?
La photographie culinaire permet davantage d'improvisation : les aliments, notamment les fruits et légumes, sont naturellement photogéniques. Bien sûr, il y a des exceptions : c'est très difficile de révéler la beauté d'une escalope de veau !

Le photographe culinaire Bernhard Winkelmann
Un packshot. L'Ajax et le Sopalin sont ses consommables les plus utilisés !

Le photographe culinaire Bernhard Winkelmann - les babas Pierre Hermé
Les fameux babas de Pierre Hermé. Crédit photo : Bernhard Winkelmann


Le photographe culinaire Bernhard Winkelmann
La toute première photo culinaire de Bernhard Winkelmann, pour une couverture de Madame Figaro, en 1991


Pouvez-vous décrire le mode opératoire de vos séances photos ?
C'est avant tout un travail d'équipe. Dans la presse, la rédactrice choisit le sujet de la photo, puis une styliste réalise la recette... souvent dans ma propre cuisine... et le tout est mis en scène par la "styliste accessoires". De mon côté, je prépare les réglages... L'ambiance est très concentrée.
En général, une belle photo se prend vite... en moins de 15 minutes - je ne compte pas les préparatifs bien sûr.


Quelle a été la photo la plus périlleuse que vous ayez prise ?
Je me souviens d'un shooting au bord de l'eau pour Madame Figaro, où une assiette devait être photographiée juste l'arrivée d'une vague... Nous n'avions pas droit à l'erreur !
D'autre part, les photos de soufflés sont toujours compliquées !


Le photographe culinaire Bernhard Winkelmann
Bernhard Winkelmann prend plus de 10 000 clichés par an !

Le photographe culinaire Bernhard Winkelmann
Crédit photo : Bernhard Winkelmann pour Régal


Le photographe culinaire Bernhard Winkelmann
Crédit photo : Bernhard Winkelmann pour Gala Gourmand


Sur quels livres avez-vous préféré collaborer ?
Tous ! Ma première collaboration a été Plaisirs sucrés de Pierre Hermé, dont les illustrations ont été prises dans le laboratoire souterrain de Fauchon, place de la Madeleine.
J'ai aussi particulièrement apprécié le travail sur La Cuisine des fées avec Philippe Model et Christine Ferber, ou La Cuisine de mes bistrots de Guy Savoy.
Je travaille sur un livre chaque année en moyenne, ce qui représente un mois environ à temps plein.




       


Quels conseils donneriez-vous aux amateurs de photographie culinaire ?
Premièrement, ne mélangez pas la lumière naturelle et la lumière artificielle.
Ensuite, choisissez des plans qui permettent de rentrer dans le produit.

La photographie culinaire a-t-elle évolué au cours des dernières décennies ?
Oui, tout d'abord le flou est davantage utilisé qu'il y a 20 ans. Et puis, la technologie a évolué : j'ai pour ma part adopté le numérique en 2005 et cela a complètement changé ma manière de travailler. C'est à la fois plus simple et plus compliqué ! Avant la révolution numérique, par exemple, on devait préalablement prendre des dizaines de clichés au polaroid afin de trouver l'exposition et le cadrage justes. Aujourd'hui, bien sûr, on voit immédiatement le résultat et on peut rectifier les réglages en conséquence. En revanche, avec le numérique, je passe un temps fou sur l'ordinateur pour gérer les photos.

Le photographe culinaire Bernhard Winkelmann
Crédit photo : Bernhard Winkelmann pour Madame Figaro

Le photographe culinaire Bernhard Winkelmann
Crédit photo : Bernhard Winkelmann pour Intense

Le photographe culinaire Bernhard Winkelmann
Crédit photo : Bernhard Winkelmann pour Gala




6 commentaires:

  1. Nice photos! I enjoy them very much! Hope to see more photos soon

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  2. Didier Chocolat25 mai 2012 10:58

    Que c'est beau...

    Ceci étant par rapport au conseil "Ensuite, choisissez des plans qui permettent de rentrer dans le produit.", en ce qui me concerne, pour rentrer dans le produit, je préfère prendre ma fourchette, ma cuillère, voire mes doigts et le mettre directement dans ma bouche...!!! :)

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  3. Merci pour cette interview ... j'aime beaucoup son style, il est vraiment doué !

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  4. WOW WOW WOW!!!
    sTupendous - his photos and yr interview!
    love the giant setup for one little jar of confiture!
    just amazing :O

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  5. His camera looks MASSIVE!
    what an interesting interview
    merci carolg

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  6. This information is really useful! It's just what I was searching for

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